Quelles politiques économiques dans le cadre européen ?

Objectifs d’apprentissage

Connaître les grandes caractéristiques de l’intégration européenne (marché unique et zone euro).

Comprendre les effets du marché unique sur la croissance.

Comprendre les objectifs, les modalités et les limites de la politique européenne de la concurrence.

Savoir que la politique monétaire dans la zone euro, conduite de façon indépendante par la Banque centrale européenne, est unique alors que la politique budgétaire est du ressort de chaque pays membre mais contrainte par les traités européens ; comprendre les difficultés soulevées par cette situation (défaut de coordination, chocs asymétriques).

I. Quelles sont les grandes caractéristiques de l’intégration européenne ?

A. Première caractéristique de l’intégration européenne : un marché unique

Objectif d’apprentissage : connaître les grandes caractéristiques de l’intégration européenne (marché unique et zone euro) ; (…) comprendre les effets du marché unique sur la croissance.

L’Europe a connu un processus d’intégration économique amorcé dans les années 1950 et approfondi au fil d’une série de traités entre des États (27 aujourd’hui), qui ont progressivement transféré une partie de leurs pouvoirs à une institution commune : l’Union europénne (UE). Ce processus a accouché de deux grandes réalisations : un marché unique rassemble les 27 États membres de l’UE, et 21 États européens (membres de l’UE pour la plupart) ont adopté une monnaie unique.

Commençons par décrire le marché unique. Celui-ci rassemble en réalité trois marchés unifiés ou en cours d’unification : un marché des biens et des services, un marché du travail, et un marché des capitaux.

Pourquoi les États ont-il voulu créer ces trois marchés ? Parce qu’ils sont susceptibles de contribuer à la croissance économique : pour en finir avec les guerres intra-europénnes, les fondateurs de l’Europes ont voulu constuire la paix par une prospérité commune. Mais par quels mécanismes ?

Tels sont les effets attendus du marché unique sur la croissance économique. Ses effets avérés sont cependant plus décevants. Sur les dernières décennies, le taux de croissance de l’UE est resté inférieur à celui d’autres zones régionales — les États-Unis par exemple — peut-être en raison des difficultés de ses politiques conjoncturelles, et des limites de sa politique de la concurrence, comme on va le voir.

B. Deuxième caractéristique de l’intégration européenne : une monnaie unique

Objectif d’apprentissage : connaître les grandes caractéristiques de l’intégration européenne (marché unique et zone euro).

Deuxième caractéristique, 21 des 27 États de l’UE partagent une même monnaie, l’euro, et forment, ensemble, ce qu’on appelle la zone euro. Certains États de l’Union européenne n’ont pas souhaité la rejoindre (la Suède a ainsi conservé sa monnai, la couronne) ; d’autres n’ont pas encore rempli les conditions qui leur en donneront le droit.

L’euro a deux caractéristiques. D’une part, il s’agit d’une monnaie unique, pas d’une monnaie commune : il ne s’ajoute pas aux monnaies nationales, il les remplace. D’autre part, il est géré par une banque centrale commune : la Banque centrale européenne (BCE), à laquelle les États membres ont confié leur politique monétaire, comme on le verra.

Pourquoi avoir voulu l’euro ? Comme du marché unique, on attend de la monnaie unique qu’elle soit un facteur de croissance, par trois mécanismes.

Mais là encore, ce sont effets attendus de la monnaie unique. Ses effets avérés, comme ceux du marché unique, sont plus mitigés. C’est la conséquence, notamment des particularités de la politique monétaire européenne et de son articulation avec la politique budgétaire en Europe : il est temps de les étudier.

II. Les politiques monétaires et budgétaires en Europe

A. Une politique monétaire européenne unique, qui vaut pour toute la zone euro

Objectifs d’apprentissage : comprendre comment la politique monétaire [agit] sur la conjoncture ; (…) savoir que la politique monétaire dans la zone euro, conduite de façon indépendante par la Banque centrale européenne, est unique (…)

La politique monétaire dans la zone euro est une politique monétaire unique, conduite de façon indépendante par une banque centrale commune, la Banque centrale européenne (BCE).
Une politique monétaire est une politique conjoncturelle, c’est-à-dire une politique qui vise à faire varier la demande à court terme (consommation et/ou investissemnt), soit pour réduire le chômage conjoncturel, soit pour réduire l’inflation. Dans la zone euro, la politique monétaire est menée par la Banque centrale européenne, une institution publique indépendante des États. L’objectif qui lui a été fixé par les traités européens est un taux d’inflation proche de 2%. Son instrument classique est le taux d’intérêt directeur, c’est-à-dire le taux d’intérêt auquel elle prête de la monnaie aux banques ordinaires. Les objectifs, les mécanismes et les effets de son action sont les suivants :

La politique monétaire de la BCE est, comme l’euro, unique : elle s’applique simultanément et à l’identique dans tous les pays qui ont l’euro pour monnaie. La BCE ne peut pas mener une politique monétaire pour la Grèce, et une autre pour l’Allemagne : on verra les conséquences importante de cette caractéristique.

B. Des politique budgétaires nationales, mais contraintes par les traités européens

Objectifs d’apprentissage : comprendre comment la politique budgétaire [agit] sur la conjoncture : (…) savoir que la politique budgétaire est du ressort de chaque pays membre mais contrainte par les traités européens.

Aux côtés de la politique monétaire, il existe un deuxième type de politique conjoncturelle : la politique budgétaire. Dans l’Union européenne, contrairement à la politique monétaire, la politique budgétaire est restée entre les mains de chaque État membre.

Qu’est-ce qu’une politique budgétaire ? Comme la politique monétaire, c’est une politique conjoncturelle : elle vise à agir sur la demande à court terme. Mais contrairement à la politique monétaire, elle est menée par les États — et non par une banque central — à l’aide de leur budget. Le budget d’un État, ce sont d’un côté ses dépenses publiques, de l’autres ses recettes fiscales, issus des impôts qu’il prélève. Il peut souverainement modifier les unes et les autres : c’est le coeur du pouvoir d’un État. Les objectifs, les mécanismes et les effets d’une politique budgétaire sont les suivants :

Cependant, les traités européens encadrent, donc contraignent les politiques budgétaires nationales. En particulier, les traités interdisent aux États-membres un déficit budgétaire supérieur à 3 % de leur PIB, et une dette publique supérieure àde 60 % de leur PIB. Cela limite l’ampleur des politiques budgétaires. Pourquoi ces règles ont-elles été instaurées ?

On voit donc que la politique monétaire est unique, alors que les politiques budgétaires restent nationales : cela crée des difficultés.

C. Les difficultés des politiques monétaires et budgétaires dans l’UE

Objectif d’apprentissage : comprendre les difficultés soulevées par cette situation (défaut de coordination, chocs asymétriques).

1. Une difficulté à faire face aux choc asymétriques

On vient de le voir, les politiques monétaires et budgétaires, dans l’Union européenne, sont organisées de manière très différente. La politique monétaire n’est pas menée par les États-membres, mais par la BCE : elle est donc commune à tous les pays. La politique budgétaire, au contraire, reste du ressort de chaque État-membre, dans les limites fixées par les traités européens. Cette situation crée deux séries de difficultés.

Première difficulté : les politiques monétaires et budgétaires européennes ont du mal à faire face aux chocs asymétriques. Un choc asymétrique est événement économique, quel qu’il soit, qui affecte différemment les Etats-membres, ce qui se traduit par des variations conjoncturelles divergentes.

Les chocs asymétriques rendent la politique monétaire inopérante : unique, elle ne peut pas s’ajuster à des conjonctures qui varient d’un pays à l’autre. Par exemple, en 2012, suite à la crise dite des dettes souveraines (2010-2012), les États du Sud de l’Europe (Grèce, Portugal, Espagne, Italie) subissent une très forte hausse de leurs taux d’intérêt, qui les oblige à mener des politiques d’austérité : on l’a vu, cela a pour conséquence de réduire la demande, donc d’aggraver le chômage. Ainsi en 2012, en Grèce, le taux de chômage atteint 24%, et le taux d’inflation plonge, à 1,5%. Face à ce choc, la BCE aurait pu mener une politique monétaire accomodante. Mais ce choc est asymétrique : il ne concerne pas les pays du Nord de l’Europ. À la même date, en Allemagne, l’inflation est dans la cible de la BCE (2%) et le chômage est faible (5,65%), signe d’une demande soutenue. Une politique monétaire accomodante aurait donc accéléré l’inflation en Allemagne.

Certes, face à un choc asymétrique, les politiques budgétaires pourraient, en théorie, être efficaces : puisqu’elles sont décidées par les États, elles ont la capacité de s’adapter aux conjonctures nationales. Mais on l’a vu : elles sont contraintes par les règles communes qui limitent le déficit budgétaire (pas plus de 3% du PIB) et la dette publique (pas plus de 60% du PIB). Cela limite leur ampleur, et peut même les bloquer. Reprenons l’exemple de la Grèce. Avec un chômage élevé et une inflation faible, une politique budgétaire de relance aurait été adaptée. Mais elle ne peut pas être menée : en 2012, le déficit public de la Grèce est de 8,8 % du PIB, sa dette publique de 156 % du PIB, ce qui non seulement lui interdit une politique de relance, mais l’oblige à une politique d’austérité.
On le voit, donc : une politique monétaire unique couplée à des politiques budgétaires contraintes sont à la peine face aux chocs le asymétriques.

2. Des défauts de coordination

Deuxième série de difficultés : les politiques conjoncturelles européennes se heurtent à des défauts de coordination, entre elles et entre États-membres.

Les politiques budgétaires des États peuvent en effet être mal coordonnées. On l’a vu, elles restent nationales. Résultat : les pays agissent selon leur propre conjoncture ; leurs politiques budgétaires peuvent être divergentes ; dans un espace commercial fortement intégré, cela limite leur efficacité. Exemple : la séquence 2010-2012. En 2009, pour lutter contre le chômage conjoncturel provoqué par la récession engendré par la crise dite des subprimes, tous les États européens mènent des politiques de relance. Cela marche : la relance allemande stimule la demande en Allemagne, et les exportations françaises, et réciproquement. Les effets de ces politiques budgétaires bien coordonnées additionnent. Le chômage recule. Mais à partir de 2010, les politiques budgétaires divergent. La France maintient un niveau de dépenses publiques élevés, car le chômage persiste. L’Allemagne, elle réduit fortement ses dépenses publiques pour réduire rapidement son déficit budgétaire. Elle peut se le permettre sans aggraver le chômage, car la demande adressée aux entreprises allemandes est tirée par les exportations allemandes, vers la Chine notamment, ce qui n’est pas le cas pour la France. Cette politique d’austérité allemande va, cette fois, limiter fortement les effets de la relance française : les entreprises qui exportaient vers l’Allemagne exportent moins, puisque la demande n’y est plus soutenue par une relance.

Deuxième défaut de coordination : entre la politique monétaire et la politique budgétaire. Celles-ci peuvent en effet être contradictoires. La politique monétaire de la BCE peut être accommodante, ce qui va contredire et limiter les effets d’une politique budgétaire d’austérité mise en place par un État — et inversement. Au contraire, la politique monétaire peut être restrictive, ce qui va contrarier les effets d’une politique budgétaire nationale — et inversement. La période 2012-2020 en offre un exemple. Face à une inflation faible, nettement inférieure à 2%, qui lui fait craindre la déflation, la BCE mène une politique monétaire très accommodantes : sont taux directeur est progressivement baissé, jusqu’à atteindre zéro, sans effet. Pourquoi ? Parce que dans le même temps, la plupart des États mènent des politiques budgétaires restrictives, pour réduire l’endettement consécutif aux plans de relance de 2010.

Les difficultés des politiques monétaires et budgétaires dans l’UE suscitent des débats, et des propositions politiques opposées. Les uns plaident pour une sortie de l’Euro, afin que chaque pays retrouve la possibilité de mener les politiques monétaires qui lui conviennent : cela implique moins d’Europe, et plus de souveraineté nationale. Les autres plaident au contraire pour la mise en place d’une politique budgétaire européenne, qui pourrait s’ajuster aux conjonctures locales, tout en restant coordonnée avec la politique monétaire : cela voudrait dire un État fédéral européen, rapprochant l’UE de ces « États-Unis d’Europe » dont rêvait Victor Hugo. C’est votre génération qui tranchera le débat.

III. La politique européenne de la concurrence

Objectifs d’apprentissage : comprendre les objectifs, les modalités et les limites de la politique européenne de la concurrence.

A. Les objectifs et les modalités de la politique européenne de la concurrence

La politique de la concurrence désigne l’ensemble des actions menées par les pouvoirs publics pour promouvoir le fonctionnement concurrentiel des marchés. Il existe une politique européenne de la concurrence. Elle est définie par un droit européen de la concurrence, lui-même défini par les traités entre États-membres. Elle est mise en œuvre d’une part par la Commission européenne (l’exécutif de l’Union européenne), d’autre part par les administrations nationales, qui appliquent localement le droit européen, lorsqu’il concerne moins de trois États (ex. il existe une autorité française de la concurrence).

La politique européenne de la concurrence a deux objectifs, liés mais distincts, le premier tourné vers les entreprises, le deuxième tourné vers les États, ces deux objectifs visant tous les deux la croissance économique.

Premier objectif : lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des entreprises, en s’assurant qu’elles se font effectivement concurrence. Pourquoi vouloir que les entreprises se fassent concurrence, alors que celles-ci préfèrent spontanément, au contraire, attirer à elles tous les clients ? Parce que la concurrence présente une série d’avantages, pour les acheteurs, pour les entreprises, et pour l’activité économique dans son ensemble. Elle oblige les entreprises à diminuer le prix de leurs produits, à améliorer leur qualité et à innover, ce qui est bon pour les acheteurs, qu’il s’agisse de consommateurs ou d’entreprises. Ce faisant, la concurrence entre entreprises européennes accroît leur compétitivité, ce qui leur permet d’affronter plus efficacement la concurrence internationale, et d’étendre leur marché. Par ces différents canaux, la concurrence contribue à la croissance économique.

Deuxième objectif : lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des États, en s’assurant qu’ils ne faussent pas la concurrence entre entreprises. Les États sont en effet susceptibles de fausser la concurrence entre entreprises : ces derniers peuvent soutenir les entreprises présentes sur leur teritoire par des subventions, ou fermer certains marchés à la concurrence, par des droits de douanes ou des normes, afin de protéger la production et les emplois locaux. Cela bloquerait les effets positifs attendus du libre-échange. Dans une zone de libre-échange, la concurrence doit pouvoir jouer pleinement entre les entreprises des différents pays, afin que celles-ci finissent soit par disparaître face à leurs concurrentes étrangères, soit par l’emporter grâce à l’avantage comparatif du pays où elles produisent. Les facteurs de production seront alors mieux utilisés, dans chaque pays, donc dans l’UE tout entière. Il en résultera des gains de productivité, donc de la croissance économique. C’est le coeur de la théorie de Ricardo, adoptée par les fondateurs de l’UE. 

Les modalités de la politique européenne de la concurrence découlent de ces deux objectifs. 

Pour assurer la concurrence entre entreprises, l’Union européenne agit de trois manières.

Pour empêcher les pratiques anti-concurrentielles des États, l’Union européenne agit de deux manières.

B. Critiques et limites de la politique européenne de la concurrence

La politique européenne de la concurrence reçoit trois types de critiques : elle serait un obstacle à la politique industrielle, une menace pour les services publics, et impuissante face aux géants du numérique.

Première critique : la polique européenne de la concurrence est accusée de rendre impossible les politiques industrielles en Europe. Qu’est-ce qu’une politique industrielle ? C’est une politique par laquelle les pouvoirs publics soutiennent l’essor de grandes entreprises — des « champions industriels » — dans des branches considérée comme un moteur de croissance économique. Par exemple, après la seconde guerre mondiale, l’État français a mené une politique industrielle active, en faisant émerger des « champions » dans le domaine de l’automobile (Renault), de l’énergie nucléaire (Areva), du transport aérien (Air France), etc. Autre exemple : Airbus, le « champion européen » de l’aéronautique, est lui aussi le fruit d’une politique industrielle, menée par plusieurs États européens.

Ces politiques industrielles sont doublement contraires à la politique européenne de la concurrence. D’une part parce qu’elles créent des entreprises de très grande taille, en position (trop) dominante sur leur marché. D’autre part parce qu’elles bénéficient d’aides publiques, qui peuvent constituer des formes de protectionnisme déguisé. Pourtant, ces « champions industriels » présentent deux avantages, justement liés à leur grande taille. D’une part, ils peuvent produire en masse, donc réaliser des économies d’échelles, ce qui réduit leurs coûts, donc leur prix. D’autre part, ils peuvent réaliser d’importants investissements en recherche-développement, ce qui favorise l’innovation. Ces avantages accroissent leur compétitivité (prix dans le premier cas, hors prix dans le deuxième cas), ce qui leur permet d’affronter avec succès la concurrence internationale. C’est le reproche qui est adressé à la politique de la concurrence : en entravant l’émergence de champions industriels européens – par exemple en interdisant la fusion d’Alstom et Siemens dans le domaine du matériel ferroviaire – elle favorise leurs concurrents américains ou chinois, les États-Unis et la Chine ne se privant pas, eux, de soutenir leurs champions nationaux.

Deuxième critique : la politique européenne de la concurrence est peu efficace face aux Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), ces géants du numérique en positon ultra-dominante sur leurs marchés respectifs. Pourquoi ? Pour deux raisons. D’une part, ces entreprises ont des moyens judiciaires considérables, qui leur permettent d’employer des armées d’avocats, et de résister aux procédures judiciaires engagées contre elles par l’Union européenne. Exemple : il a fallu près de 10 ans pour une première condamnation d’Apple par l’Union européenne. D’autre part, l’UE hésite parfois à mener une politique de la concurrence trop offensive envers ces entreprises multinationale qui pourrait les amener à quitter l’Europe, ce qui serait nuisible aux Etats-membres qui bénéficient de leur implantation. Par exemple, l’Irlande, qui avait attiré Apple sur son sol par une fiscalité très favorable, s’est opposée aux sanctions de l’UE contre l’entreprise, qui lui faisaient perdre son attractivité. 

Troisième critique : la politique européenne de la concurrence peut détruire des services publics. Les services publics (ou services collectifs) sont des services non-marchands produits par les pouvoirs publics, destinés à rendre accessibles à tous certains services jugés essentiels (les soins, le transport, etc.). Ils sont produits soit directement par les administrations des États-membres (c’est le cas des soins hospitaliers), soit indirectement, par des entreprises publiques (comme la SNCF).

Ces services publics sont souvent des monopoles publics. Certains, comme le transport ferroviaire, ont été ouverts à la concurrence d’entreprises marchandes, dans l’objectif d’une baisse de prix et d’un gain en efficacité, dans plusieurs pays européens, dont la France, récemment. Or le bilan de ces opérations est contrasté. En Italie, l’ouverture à la concurrence décidée au début des années 2000 a bien fait baisser les prix sur les lignes à grande vitesse, les plus rentables ; mais elle a amené à un sous-investissement dans les lignes régionales, moins rentables. En Grande-Bretagne, où ce sont des entreprises privées en concurrence qui assurent le transport des voyageurs, les prix des billets ont presque doublé depuis 2005, et les rames de banlieues sont bondées, au point que 75 % des britanniques souhaitent une renationalisation.